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Les victimes des combats


  Alors que les allemands, enterrèrent leurs morts dans l'enceinte même de la ferme du Mont-de Soissons qu'ils occupent (voir photo d'archive), les corps des soldats français, resteront dispersés autour de la ferme. Revenus d'exode, les premiers Serchois trouvent en divers point du village, des croix, marquant l'emplacement des tombes des victimes des combats du 7 juin.

  Sur le plateau en revanche la violence des combats du 8 juin reste encore visible. Les dépouilles recouvertes seulement d'un peu de terre subsistent disséminées dans la plaine. La Wehrmacht, qui occupe la ferme, réquisitionne des prisonniers de guerre français afin d'enterrer les corps. La brigade affectée à cette tâche, procède à l'identification puis à l'inhumation dans une longue fosse creusée aux abords de la voie ferrée Decauville qui borde, au sud, le mur d'enceinte de la ferme. Le chef d'équipe consigne l'identité des victimes sur un carnet qui sera remis en mairie à l'officier de l'état civil.

Vers la fin de l'hiver, 1941, le père Cauvé, prête de la paroisse organise une procession jusqu'au Mont-de-Soissons afin de bénir les tombes. Arrivé sur le plateau (à 2,5 km et 70 m de dénivelé), la procession passe devant la carcasse du char ACG1 du capitaine Audigier encore à sa place. Parmi les enfants de coeur se trouvait Jean Cerveaux qui en 2010 (85 ans) se souvenait encore.
  En février 1941, débutent les opérations d'exhumation et de regroupement des corps vers le carré militaire du cimetière communal de Serches où reposent trente six poilus de la Grande Guerre. Chaque exhumation et transfert donne lieu à la rédaction d'un procès verbal sur lequel figure les éléments nécessaires à l'identification.

   Albert Carqueret et Eugène Clouet, gardes assermentés et anciens combattants, commencent l'ouverture d'une sépulture sur le plateau de Dhuisy où reposent les 20 soldats de la 1ère cie du 11ème BCA, la section Jaud. Puis, aidés de Fabien Dubois ouvrier agricole et ancien combattant, ils s'attèlent aux sépultures disséminées dans divers jardins du village.

  A partir du 2 juillet 1941, et jusqu'au 6 juin de l'année suivante, le Maire-Adjoint Alfred Caron, assisté de M. Sauvage, puis d'Emile Clouet tous anciens combattants, procèdent progressivement à l'exhumation des corps inhumés dans la sépulture collective du Mont-de-Soissons.

  Sur place, une croix nominative marque l'emplacement de chaque individu identifié lors de la première inhumation. Le défunt repose avec sa tenue de combat, la tête recouverte par son casque et muni des effets personnels, (vêtement particulier, pipe, couteau, bijoux, etc.) d'une plaque d'identité ou à défaut on trouvera le nom gravé dans le casque.

  Les familles des victimes munies d'un laisser passer provisoire viendront, depuis la zone libre où ils résident, pour reconnaître leurs fils, frère ou époux. La plupart feront rapatrier les corps de leur défunt. Quarante dépouilles seront dirigées vers le cimetière communale de Serches pour y recevoir sépulture.

  Après achèvement des opérations de transfert des corps, une cérémonie sera célébrée à Serches dans le nouveau carré militaire, dédiée aux victimes françaises de ces deux journées de combats.

  Pour les corps anonymes, Alfred Caron emploie toute son énergie pour retrouver leur identité. En ces temps d'occupation, la tâche s'avère ardue. Difficile de joindre les témoins, les prisonniers français se trouvent pour la pluparts en Allemagne, les démobilisés et les familles des victimes vivent en zone non occupée. Un chapelet sur un inconnu permet d'identifier l'aumonier disparu lors de ces combats.

  Parmi les enquêtes menées, celle concernant un anonyme, blond, ne possédant qu'une photo de femme sur lui (cf. ci dessous). Parmi les demandes des familles, figure celle de l'épouse d'un chasseur alpin, recherchant son mari disparu le 8 juin 1940. A la demande d'Alfred Caron, via les cartes interzones, la préfecture des basses Alpes adresse la photo de celle-ci. La confrontation des deux images ne laisse pas de doute et le Maire rédige un procès verbal attribuant une identité définitive

photo trouvée en 1940

photo récupérée en 1942

 

  Un autre cas concerne un "civil" trouvé par les allemands dans la cave d'une maison particulière. Ce dernier, vêtu seulement d'un bleu de travail ne porte aucun papier, ni objet. L'enquête menée par échange de correspondance inter-zone permit de recueillir le témoignage écrit d'un compagnon du même régiment. Sur un croquis très détaillé, ce dernier indique avec précision l'emplacement où le corps du soldat, un canonnier (ce qui explique la tenue) fut abandonné le 7 juin.

 

Références

Procès verbaux d'exhumations, liasse de 112 pv et pièces d'expertises, 1941-1942. Archives communales.

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