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Une histoire de sorcellerie


  Au 15ème  siècle, un différend opposait le curé de Serches, Ives Fabius et le receveur des impôts (censier) du Mont de Soissons, Jehan Roger (Rogier). Le curé prétendait recevoir les dîmes sur la commanderie comme il le faisait sur tout le reste du territoire de la paroisse. Jehan Roger en appela à ses maîtres qui firent porter l'affaire à la cour des requêtes du palais. La cour bien informée des anciennes coutumes, donna raison à la commanderie du Mont-de-Soissons et confirma leur droit de ne payer aucune dîme "à cause du blé, grains, fruits, bêtes, soit qu'ils tiennent en leurs mains, soit qu'ils fassent labourer à leurs dépens par métayers, rentiers, fermiers ou amodiateurs".

  Le curé Fabius perdit sa cause et ses débours étaient si élevés qu'il conçut une haine féroce à l'égard du censier.

  Dans la paroisse voisine d'Acy, vivait un "scieur d'aix" (scieur de long) nommé Perret de Gribauval, venu de Maroilles-en-Hainaut. Son épouse Agnès travaillait au filage du lin pour le compte du Mont-de-Soissons. De cette besogne, elle recevait un maigre revenu qui lui était versé par Marguerite l'épouse de Jean Roger. Agnès se lamentait de sa situation. Ses griefs parvinrent à l'oreille du curé de Serches qui saisit l'occasion pour la rencontrer et tous les deux unirent leur rancune et élaborèrent une vengeance commune.

  Agnès apporta un pot dans lequel elle gardait un crapaud. Elle demanda au prêtre de baptiser l'animal, puis de communier. Le curé partit, elle tua le crapaud, en confectionna un macaron aidée de sa fille Jeannette et d'une complice Jacotte”. Elle fit porter par son autre fille Marion, le macaron ensorcelé auprès des époux Roger. Lorsque Marion se présenta pour réclamer l'argent dû à sa mère, ces derniers se trouvaient attablés avec leur fils. Elle jeta discrètement le macaron sous la table. D'après le chroniqueur Du Clerq, “tantost après, le dessus dit censier non scachant d'icelle, sorcherie, ny ne s'en donnant garde, se sentit malade, sa femme pareillement et son fils, et moururent touts trois avant fust trois jours.”

  Le méfait découvert, les femmes furent traduites devant Pierre de Jouengnes, bailli de la justice de l'abbaye Notre-Dame, dont dépendait en parti Acy. Après sans doute un passage à la question, elles avouèrent leur pratique diabolique et leur connivence avec le curé de Serches, ainsi qu'un autre sort fait à l'encontre d'un certain Jean d'Alousy, pelletier à Soissons.

 

  Le 14 juillet 1460, le bailli assisté des maîtres Jehan Brunette, Bleunet, Desmolins et autres conseillers, rendit sa sentence. Agnès convaincue de sorcellerie était condamnée à être brûlée vive et son corps réduit en poudre. Jeannette s'étant repentie et du fait de sa jeunesse, obligée d'obéir à sa mère, fut condamnée au bannissement à perpétuité hors du diocèse.

  Le jour même, Agnès, ses deux filles ainsi que d'autres comparses, sortirent de prison en chemises, mitrées de manière grotesque et furent exposées sur un podium. Devant la foule, un prédicateur les sermonna. Puis le bourreau maître Martin, de la haute cour de Laon hissa la femme sur une charrette qu'il conduisit jusqu'au sommet du mont Maqueret (aujourd'hui le mont Lavé entre Vauxbuin et Courmelles, en bout de piste de l'aérodrome) où se trouvait le gibet de l'abbaye Notre-Dame. D'après le procès-verbal, six à huit milles personnes assistèrent à l'exécution d'Agnès. Le bourreau reçut pour sa peine 4 écus plus des débours. Jeannette, remise au vicaire et official de Soissons, fut pourchassée hors de la ville. Marion, qui était mariée, déclara à l'heure de la sentence être enceinte. Elle bénéficia d'un ajournement et retourna en prison où elle y accoucha. Elle fut bannie et se retrouva à Maroilles-en-Hainaut. Son sort étant connu jusqu'à cette paroisse, elle fut arrêtée et reconduite à Soissons et l'on ne sait plus ce qu'elle devint.

  Quant au curé de Serches, Ives Fabius sa trace se suit dans un fatras de procédures. Arrêté puis transporté dans les prisons de l'évêque de Paris, il s'en sortit assez bien. « Il étoit riche et extrait de riches gens », il obtient de changer de juridiction et en appela au parlement de Paris, ou il parvint à échapper au châtiment : « et, disoit-on, que par forche d'argent et d'amis, on ne trouva point le dit curé coupable du fait chy-dessus ; et s'en purgea ledit curé sans quelque (aucune) punition ».

 

Référence bibliographique

ANCIEN (Bernard) - Bulletin de la société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1973-1976, tome 15.

 

Références internet

http://www.gmc-maroilles.fr/société-historique-de-maroilles/nos-travaux/les-sorcières-de-maroilles/


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